vendredi, 22 juin 2007
DÉMÉNAGEMENT
AVIS À TOUS : L'ÎLE DÉSERTE DE LOUIS DÉMÉNAGE.
Pour plusieurs raisons (dont les options de présentation), vous me trouverez maintenant à ma Citadelle des livres.
Durant les prochains semaines, je vais surtout me concentrer sur le transport de textes déjà publiés sur ce blog. Ne soyez donc pas surpris de tomber sur de "vieux" billets. Je ne cesse pas de lire pendant ce temps. Des nouveaux textes devraient donc y apparaître bien vite.
Au plaisir de vous voir dans ma nouvelle demeure virtuelle.
Louis
mardi, 13 mars 2007
À reculons, comme une écrevisse par Umberto Eco
Le 11 septembre, la guerre en Afghanistan et en Irak, le populisme médiatique au pouvoir : les premières années du troisième millénaire ne pouvaient pas échapper à l'analyse ravageuse d'Umberto Eco. Il en ressort que depuis quelque temps, le monde marche à reculons, de plus en plus vite, de plus en plus dramatiquement. Après la chute du mur de Berlin, il a fallu exhumer de vieux atlas pour retrouver les frontières oubliées depuis la guerre de 1914. De la guerre froide, on s'est empressé de retourner aux guerres les plus chaudes. Nous avons ressuscité le vieux combat entre Islam et Chrétienté, et le cri ancestral de " Sauve qui peut, voilà les Turcs ! " nous ramène au temps des Croisades. Le fantôme du Péril jaune resurgit, comme l'anti-darwinisme, l'antisémitisme, voire le contentieux que l'on croyait pourtant bien enterré entre l'Église et l'État... Il semblerait que l'Histoire, à bout de souffle après les bonds qu'elle a effectués au cours des deux précédents millénaires, se soit affaissée sur elle-même et se précipite à reculons, comme une écrevisse. (Quatrième de couverture)
Cette quatrième de couverture a de quoi nous faire baver dans notre sac de chips! Qui pourrait lever le nez sur un recueil d'essais, principalement écrits entre 2000 et 2004, du grand Umberto Eco? Le génie derrière des romans tels Le nom de la rose et L'île du jour d'avant de même que de nombreux essais (Comment voyager avec un saumon?, De la littérature, etc.) fait courir des hordes de lecteurs à travers le monde. Et puis, un rapide coup d’œil à la table des matières nous convainc davantage qu'IL NOUS FAUT LIRE ce livre. Comment résister à des titres d'articles comme : "Science, technologie et magie", "Ordures et bananes", "Sur l'âme des embryons", "Croire à Dan Brown", etc. ? Comment résister à un tel livre !
Voici un conseil : résistez à cette tentation. La lecture de À reculons, comme une écrevisse est ma première déception littéraire de l'année. Ce n'est pas que la plume de Eco s'est émoussée, bien au contraire. L'intelligence et l'humour sont toujours au rendez-vous. De plus, les sujets qu'il aborde sont d'un très grand intérêt.
Alors, il est où le bobo ? Le bobo, il est dans l'angle d'approche de la majorité des textes. Les remarques et réflexions d'Eco portent essentiellement sur l'actualité italienne. En fait, tout tourne autour de la culture italienne (politique, histoire, cinéma, grandes compagnies, scandales, etc.). Dès lors, une distance s'instaure immanquablement entre le lecteur et le texte. Les nombreuse notes de bas de page témoignent d'ailleurs de la conscience qu'avait les éditions Grasset de cette "faiblesse".
Et, même quand Eco réfléchit sur des sujets autres qu'italiens, il n'y réfléchit pas longtemps. À reculons, comme une écrevisse n'est pas la somme d'intenses efforts intellectuels. Certains essais déçoivent par leur peu de contenu, le plus savoureux résidant généralement dans leur titre. Il est vrai que la plupart de ces textes furent d'abord publiés sur une base régulière dans les grands quotidiens d'Italie. Il est impossible pour un écrivain de toujours "pondre" d'excellents essais à un tel rythme, et ce, même lorsque cet écrivain se nomme Umberto Eco.
Umberto Eco, À reculons, comme une écrevisse [trad. de l'italien par Myriam Bouzaher, Mario Fusco, Pierre Laroche, Diane Ménard et Roberto Negri], éd. Grasset, 2006, 422 pages, ISBN 2246714419.
© L'île déserte de Louis
07:50 Publié dans Équarrissage littéraire et autres déceptions, Essais | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
lundi, 06 novembre 2006
Corpus Christine par Max Monnehay
Suite à un accident qui le laisse infirme, un homme vit en position horizontale, séquestré et affamé dans son propre appartement par sa femme. Un peu à la manière d'un journal intime, il décrit son martyre, la longue horreur des jours passés à tenter d'agripper de quoi manger en se hissant tant bien que mal à la hauteur des tablettes du placard ou celles du frigo. Sa femme, obèse, l'affame à rythme contrôlé tout en supprimant toute possibilité d'attenter à ses jours.
Prometteur, machiavélique, ingénieux et... terriblement décevant.
Je dois dire qu'il y a très longtemps qu'un roman ne m'avait pas déçu à ce point. On me promettait un mélange d'Amélie Nothomb et de Stephen King ! Pourquoi doit-on toujours comparer un nouvel auteur talentueux avec des géants de la littérature ? Toujours est-il que, malgré mes trois tentatives, je n'ai jamais été capable de franchir le seuil de la page cent. Qu'est-ce qui cloche dans ma tête ?
Oui, qu'est-ce qui ne va pas avec moi ? Parce que, il faut bien l'admettre, la Monnehay, elle en a du talent. La violence de Corpus Christine est saisissante. Si vous êtes à la recherche de quelque chose qui décoiffe, vous ne serez pas déçu. Psychologiquement et physiquement, l'histoire est un véritable marteau piqueur qui n'épargne personne. Max Monnehay n'offre pas une oeuvre complexe, mais un simple récit qui nous plonge dans la folie d'un homme brisé par celle qu'il a un jour aimé.
Alors, quel est le problème avec Corpus Christine ? Tout d'abord, l'étiquette même trompe... Ce n'est pas un "roman", mais bien un récit. Corpus Christine est vide d'intrigue. Dès lors, le pseudo-suspens annoncé n'arrive jamais (je crois que c'est surtout ça qui m'a fait décrocher). Ensuite, Monnehay ne peut écrire deux pages sans se sentir obligée d'interpeller le lecteur, ce qui tombe sur les nerfs à la longue. Finalement, Monnehay est venue après Nothomb et King. La comparaison (forcée) avec ces deux maîtres n'est jamais avantageuse pour une écrivaine qui débute. Bref, le lecteur que je suis aura été trompé dans ses attentes.
Bon, alors, si vous désirez malgré tout lire Monnehay (parce qu'elle est jeune, mignonne, talentueuse malgré tout... et tout le reste), il existe des critiques plus enthousiastes que la mienne. Je vous conseille donc celle du magazine Lire, de évene.fr et de Culture café qui sont... disons... plus modérées que la mienne.
Pour ceux qui ont été conquis par Corpus Christine et qui voudraient en apprendre un peu plus sur Max Monnehay, Culture café porpose (en plus d'une critique du roman) une entrevue exclusive avec l'auteure.
Max Monnehay, Corpus Christine, éd Albin Michel, 2006, 240 pages, ISBN 222617334X.
© L'île déserte de Louis
08:50 Publié dans Équarrissage littéraire et autres déceptions, Romans | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note
mardi, 26 septembre 2006
Le potentiel érotique de ma femme par David Foenkinos
Après avoir collectionné, entre autres, les piques apéritif, les badges de campagne électorale, les peintures de bateaux à quai, les pieds de lapin, les cloches en savon, les bruits à cinq heures du matin, les dictons croates, les boules de rampe d'escalier, les premières pages de roman, les étiquettes de melon, les oeufs d'oiseaux, les cordes de pendu, Hector est tombé amoureux et s'est marié. Alors, il s'est mis à collectionner sa femme. (Quatrième de couverture)
Nous connaissons tous quelqu'un qui possède une impressionnante collection de : timbres, pins, cartes de sport, etc. Il reste que ce passe-temps frôle rarement la folie, ce qui malheureusement est le cas de Hector. Désespéré, suicidaire, ce dernier espère trouver la rédemption en épousant la douce Brigitte. Bien évidemment, rien ne se passe comme prévu...
Non, rien ne se passe comme prévu, à commencer par l'humour qui devrait normalement accompagné une telle histoire. En aucun moment David Foenkinos ne sera pas parvenu à m'arracher un simple sourire lors de la lecture des 179 pages de Le potentiel érotique de ma femme. Le style léger, un faible pastiche des succulents David Lodge et Tom Sharpe, ne parvient pas à faire oublier la minceur de son histoire.
Le véritable ennui de ce roman est, je crois, causé par le trop lent départ du récit. On se perd pendant des pages et des pages avant de finalement voir Hector "replonger" (page 103, pour être précis, sur un total de 179) et se mettre à "collectionner sa femme". Et puis, le personnage lui-même est d'un pathétisme navrant. Les perdants peuvent faire rire lorsqu'ils sont attachants... ce qui n'est pas le cas ici. Vraiment, ce n'est pas parce qu'une histoire est abracadabrante qu'elle est forcément bonne.
Histoire de jouer l'avocat du diable, je tiens à nuancer mes propos en précisant que le livre de David Foenkilos a connu un vif succès à sa sortie en 2004. Il a même été récompensé par le prix Roger-Nimier. De plus, la majorité de sites internet et blogs qui en font la critique ont apprécié le roman. La preuve que les critiques littéraires sont très subjectives et qu'elles relèvent surtout de nos goûts personnels... Mais je vous conseille quand même de lire d'abord et avant tout David Lodge et Tom Sharpe!
David Foenkinos, Le potentiel érotique de ma femme, éd. Gallimard, coll. Folio, 2004, 179 pages, ISBN 2070309770.
16:45 Publié dans Équarrissage littéraire et autres déceptions, Romans | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : David Foenkinos, Humour
dimanche, 09 avril 2006
L'attrape-coeur par J.D. Salinger
Holden Caufield, 16 ans, est renvoyé de la pension où il ne fait pas grand chose. L’adolescent, aussi désœuvré que désabusé, décide de traîner dans les rues de New-York au lieu de rentrer chez lui. Il nous présente son histoire tout en refusant de « défiler sa complète autobiographie ». Il nous raconte dans les moindres détails ses trois jours de vagabondage à arpenter les rues, les boîtes de nuit, les cinéma et les hôtels de la métropole.
Publié pour la première fois en 1945, L’attrape-cœur est aujourd’hui une oeuvre incontournable dans les high school américains. Il est vrai que le sujet à lui seul fascine la plupart des adolescents. Et c’est sans oublier le mystère entourant son auteur, J.D. Salinger, dont l’anonymat fait de lui un « célèbre inconnu » depuis plus de cinquante ans.
Je sais que ce roman fait souvent partie des oeuvres favorites de plusieurs lecteurs. Il m’est donc difficile de partager ma déception face à L’attrape-cœur. Holden Caufiel, personnage principal et narrateur, ne sera jamais parvenu à me faire ressentir la moindre sympathie pour lui. À le lire, le monde entier est constitué de « ringards », « d’imbéciles » et de « salauds ». Quant au portrait qu’il peint de lui-même, ce n’est guère mieux : un lâche, un menteur et un paresseux. J’ai cherché des traces d’humour dans ses propos, mais le ton a tout du petit arrogant qui n’a rien de vraiment intéressant à raconter. Pas étonnant que deux ou trois personnages secondaires lui cassent la figure en cours de route. Même eux ne parviennent pas à le supporter !

De plus, la traduction (signée Annie Saumont) plus que moyenne que nous propose Pocket déçoit. J’ai feuilleté la version anglaise du roman et je dois admettre que J.D. Salinger maîtrise la langue comme pas un. La francisation de L’attrape-coeur relève ni plus ni moins du massacre (d’où peut-être la couverture).
Au final, j’aurais mieux fait de garder mes dix dollars pour un autre bouquin.
J.D. Salinger, L’attrape-coeur [trad. vraiment mauvaise par Annie Saumont], éd. Pocket, 2002, 252 pages, ISBN 2266125354.
© L'île déserte de Louis
18:25 Publié dans Équarrissage littéraire et autres déceptions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, Salinger, déception littéraire, mauvaise traduction
samedi, 01 avril 2006
Ipso facto par Iegor Gran
Il est dommage de constater que certains auteurs se donnent d’étranges libertés au nom de l’humour noir. Iegor Gran, révélé au grand public par O.N.G. ! en 2003, atteint des sommets de monstruosités dans Ipso Facto (d’abord paru chez P.O.L. en 1998, puis ressorti en folio en 2006).
Le roman commence pourtant très bien. Motivé par son copain Marko, le narrateur de Ipso facto raconte son incroyable aventure qui aura fait de lui un paria de la société. Le jour où ce paléontologue reçoit la promotion qu'il attendait depuis des années, notre héros à la vie terne ne saisit pas la gravité de la situation lorsqu'on lui réclame son baccalauréat afin de « régulariser » son dossier. Incapable de retrouver le précieux papier, il sera la risée de ses collègues, de sa femme et des journalistes... tout ça à cause de la perte d’un bout de papier. Non sans talent, Iegor Gran décrit une société régie par la paperasse, basée sur les archives, une immense maison des fous dont on ne peut échapper.
Ipso facto perd cependant toute sa saveur lorsque l’auteur s’amuse à inclure ici et là de brèves scènes érotiques, histoire d’accentuer encore plus l’aspect surréaliste du roman. Ses scènes inclues de rapides baises avec : sa femme, sa secrétaire, sa mère et... une fillette de six ans, qu’on devine être la sienne. En fait, la relation n’est pas complète, car, nous écrit le narrateur : « Malgré tout mon désir qui fut immense, je n’ai pas pu y arriver sans lui faire mal, alors je n’ai pas insisté » (p.179). Finalement, aux moyens de sous-entendus, il nous fait comprendre que l’enfant accepte de lui faire une pipe : « On joua alors au trompettiste, je fournissais l’instrument et elle soufflait de toutes ses forces, c’était délicieux au-delà du raisonnable » (p.180).
Il y a des sujets dont on ne peut rire, et ce, même si on cherche à illustrer la folie du monde. Je ne vois d’ailleurs pas vraiment le lien qui pourrait exister entre l’univers labyrinthique de la paperasse et une relation sexuelle avec une enfant.
Iegor Gran, Ipso facto, éd. Gallimard, coll. Folio, 2006 [1998], 193 pages, ISBN 2070314189
© L'île déserte de Louis
08:45 Publié dans Équarrissage littéraire et autres déceptions | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, Iegor Gran, pédophilie, déception littéraire
lundi, 20 mars 2006
À rebrousse-temps par Philip K. Dick
Le cours du temps s’est inversé sur terre. Les morts se réveillent dans leurs tombes, rajeunissent, et finissent par réintégrer une matrice maternelle. Les cigarettes se reconstituent lentement dans les cendriers, et les vêtements sales du matin sont devenus propres le soir venu. Sebastian Hermes dirige un vitarium, une société spécialisée dans le repérage et l'extraction des morts revenus à la vie, un métier payant. Une nuit, le hasard amène Sebastian à déterrer Thomas Peak, un célèbre leader religieux dont le retour à la vie attise bien des convoitise.
Vous en conviendrez, À rebrousse-temps (par Philip K. Dick, 1928-1982) contient tous les éléments des classiques de la science-fiction, le genre de livre qu’on lit d’une couverture à l’autre même s'en rendre compte. Pourtant, il est très difficile de le retrouver en librairie. La raison : l’écrivain a joliment raté son coup avec ce roman. La chose est d’autant plus décevante lorsqu’on sait que Philip K. Dick est l’auteur derrière Blade Runner, Minority Report et Total Recall.
Qu’est-ce qui cloche avec À rebrousse temps ? Pas mal tout : l’intrigue est fort mince, les personnages sont de grossiers archétypes (le policier qui aime l’action, le prêtre philosophe, la belle écervelée, la méchante traîtresse, le héros amoureux, etc.), les transitions d’une scène à l’autre sont souvent floues, et les phrases creuses abondent, du genre : « Je croyais que l’amour triomphait de tout. J’ai l’impression que ce n’est pas vrai » (p.246).
Dommage, vraiment dommage que Philip K. Dick soit tombé dans la facilité, surtout avec un tel sujet.
Philip K. Dick. À rebrousse-temps [trad. de l’anglais par Michel Deutsh], éd. J’ai lu, coll. Science-fiction, 2004, 253 pages, ISBN 2290338923.
© L'île déserte de Louis
12:25 Publié dans Équarrissage littéraire et autres déceptions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Philip K. Dick, SF, Roman d'anticipation
vendredi, 17 février 2006
Opus Pistorum par Henry Miller
Parmi les horreurs littéraires que le XXe nous aura données, Opus Pistorum de Henry Miller se situe sans conteste en tête de liste.
Pour la petite histoire, sachez d’abord que ce roman n’était pas destiné à la publication. Écrit clandestinement vers 1941 pour de riches amateurs de lectures érotiques, Opus Pistorum se retrouva sur les tablettes des librairies en 1983, soit trois ans après la mort de Miller.
Pourquoi un tel retard ? Probablement parce que le livre contient quantité de scènes pornographiques pour déviants sexuels : relation complète avec des jeunes filles de treize ans, scatologie à souhait, viol, et j’en passe. L’obscénité traverse le bouquin d’une couverture à l’autre.
Pour faire vite, je dirai que le récit raconte la dérive sexuelle de certains personnages des deux Tropique (Alf, Tania, Sid) qui se perdent dans une abomination infecte.
Il aura été au-dessus de mes forces d’aller plus loin que la page 55. Opus Pistorum n’est pas le roman sulfureux que prétend la quatrième de couverture. Aucun érotisme ne s’y trouve. Rien ne vient exciter nos sens. Aucun sentiment ne naît avec la lecture de ce livre, si ce n’est qu’un profond dégoût.
Henry Miller, Opus Pistorum [trad. de l'anglais par Brice Matthieussent], éd. La Musardine... ne songez même pas à vous le procurer !
00:15 Publié dans Équarrissage littéraire et autres déceptions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, Opus Pistorum
mardi, 14 février 2006
L'Apparition par Didier van Cauwelaert
L’idée derrière L’Apparition (par Didier van Cauwelaert) était pourtant séduisante et pleine de promesses : Nathalie Krentz, brillante ophtalmologue, a troqué ses rêves de médecin sans frontières contre une clinique prestigieuse. Elle ne croit plus en Dieu depuis longtemps, et aujourd'hui elle ne croit plus en rien.
Juan Diego, Aztèque, a vu la Vierge en 1531. Celle-ci a imprimé son image sur sa tunique, qu'il est allé montrer à l'évêque. Il n'a pu que tomber à genoux. Aujourd'hui, la tunique existe toujours, et des experts ont décelé dans les yeux de la Vierge le reflet des témoins de l'apparition.
Et à qui croyez-vous que le Vatican fera appel afin de distinguer le vrai du faux dans toute cette histoire ? Dans le mille : Nathalie-l’athée-désabusée-de-tout-qui-cherche-un-sens-à-sa-vie.
Ce qui ennuie dans L’Apparition ce n’est pas tant le côté zen/mystique/quête de soi que les interminables monologues de Juan Diego. Des pages et des pages de : N’écoute pas ses arguments, son exaltation, sa façon d’extrapoler [...] J’en ai connu, tu sais, des faux espoirs et des vraies chances, des déceptions répétitives, des retours à la réalité... (p.145). Un peu plus et il y a Bob Dylan qui nous chante The Times They are A-Changin’. Pourquoi ralentir une intrigue (déjà bien mince) avec un tel acharnement ?
Si vous souhaitez découvrire Van Cauwelaert au meilleure de sa forme, je vous conseille vivement La vie interdite, La demi-pensionnaire ou encore L’Évangile de Jimmy.
Didier van Cauwelaert, L’Apparition, éd. Le livre de poche, 2001, 214 pages, 8,95$ canadiens ou 4,50 €, ISBN 2253154814.
00:15 Publié dans Équarrissage littéraire et autres déceptions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, L'Apparition, Didier van Cauwelaert

