lundi, 30 octobre 2006

Comment devenir un monstre par Jean Barbe

medium_Monstre.jpgCela fait déjà plusieurs jours que j'ai terminé la lecture de Comment devenir un monstre (par Jean Barbe) et je ne suis toujours pas certain des mots à employer pour résumer ce roman terriblement humain. Accusé de terribles crimes (dont le meurtre gratuit d'une enfant), Viktor Rosh (dit le "Monstre") croupit en prison dans ce qui pourrait être un pays de l'ancienne république de l’Union soviétique qui se remet difficilement d’une guerre fratricide. Un autre homme, François Chevalier, avocat, la quarantaine, alcoolique, père de famille absent et mari distant, décide, pour fuir son triste quotidien, d’aller défendre ce criminel qui refuse, depuis son arrestation, de prononcer le moindre mot. Rien de bien réjouissant en somme. Et pourtant, pourtant, il ne m'aura fallu que trois jours pour lire ce roman de 336 pages.

Comment devenir un monstre rappelle étrangement les oeuvres des grands auteurs existentialistes. Comme l’indique le titre, François Chevalier tente de découvrir ce qui a fait de Viktor Rosh le Monstre qu'on découvre dès les premières pages. En mettant en scène la désensibilisation progressive d’un homme ordinaire (issu d'une famille pauvre, d'abord vendeur ambulant de hot dogs puis cuisinier) qui voit malgré lui la violence prendre le peu qu'il possédait, l'auteur ne cherche pas à expliquer les causes politiques derrière la guerre, mais illustre les effets de cette guerre imposée chez l'être humain. Camus aurait adoré...

Petite citation de Jean Barbe tirée d'un entretien accordé au quotidien Le Soleil du 17 octobre 2004 : "Ce roman est une sorte de réponse aux centaines de milliers de personnes qui sont descendus dans la rue pour dire non à la guerre en Irak. Dire non, c’est bien beau, mais ça ne suffit pas. Il faut dire oui à quelque chose. Et dire oui à la paix, ce n’est pas suffisant non plus. Je trouvais que l’acte d’écrire un roman était, pour moi, plus efficace que de descendre dans la rue avec des pancartes. Un roman comme celui-là demande, quoi, une bonne dizaine d’heures de lecture ? Il implique un rapport beaucoup plus intime que de passer une heure devant un film ou qu’écouter un reportage à la télé. C’est vrai que le livre rejoint moins de monde à la fois, mais il permet d’aller plus loin dans l’échange. "

Malgré la lourdeur d'un tel sujet, Jean Barbe parvient à offrir un roman qui flirte avec le suspens et le roman policier. Mensonges et silences traversent le roman et nuisent progressivement à François Chevalier dans son enquête sur le Monstre. Pourquoi tant de peur ? Mais aussi, pourquoi tant de silences ?

Comment devenir un monstre n'est pas toujours facile à lire. Jean Barbe offre certes une écriture riche et souvent poétique, il demeure qu'aucune richesse ni aucune poésie ne peut embellir les horreurs de la guerre. L'auteur signe ici un roman coup-de-poing de la trempe de Un dimanche à la piscine à Kigali (par Gil Courtemanche)... voire sans doute plus marquant par son questionnement soutenu (Courtemanche rend surtout compte d'un évènement sans vraiment plonger dans l'horreur de la guerre qui nous rend étranger à nous-mêmes).

Un livre dure, sombre, qui blesse, mais aussi un livre qui fait réfléchir.

Comment devenir un monstre, Jean Barbe, éd. Leméac., coll. Babel, 2006 [2004], 336 pages, ISBN 2760925838.

© L'île déserte de Louis

Le parfum... le film...

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Il y a quelques jours de cela, je faisais la critique de ce nouveau classique qu'est Le parfum. J'aimerais aujourd'hui enrichir le sujet en vous suggérent deux blogs où l'on peut lire la critique du film inspiré du roman. J'aurais aimé offrir mes propres impressions, mais puisque le film ne sortira qu'en 2007 au Canada...

Alors voici, pour avoir l'heure juste sur la version cinématographique de Le parfum, je vous conseille de visiter le blog de d'Anne-Sophie et le blog d'Amandine.

Bonne lecture.


© L'île déserte de Louis

vendredi, 27 octobre 2006

Je l'aimais par Anna Gavalda

medium_je_l_aimais.jpgA-t-on le droit de tout quitter, femme et enfants, simplement parce que l'on se rend compte - un peu tard - que l'on s'est peut-être trompé ? Adrien est parti. Chloé et leurs deux filles sont sous le choc. Le père d'Adrien apporte à la jeune femme son réconfort. À sa manière : plutôt que d'accabler son fils, il semble lui porter une certaine admiration. Son geste est égoïste, certes, mais courageux. Lui n'en a pas été capable. Tout au long d'une émouvante confidence, il raconte à sa belle-fille comment, jadis, en voulant lâchement préserver sa vie, il a tout gâché. (Quatrième de couverture)


J'aimerais débuter en précisant que je trouve dommage que le nom d'Anna Gavalda (auteure de Je voudrais que quelqu'un...) soit toujours accompagnée d'une fanfare publicitaire. Trop de popularité nuit à un auteur lorsque son nom devient plus connu que ses oeuvres. Ceci est malheureusement vrai pour Gavalda, dont l'écriture a réellement quelque chose de personnel et d'unique. Contrairement à certains autres écrivains (Marc Levy, Musso, etc.), Anna Gavalda évite le piège de la tartarinade sentimentale au profit d'une véritable histoire.

Je l'aimais est une très longue nouvelle ou un court roman, à vous de choisir. Une chose reste certaine, le bouquin se lit très vite. Anna Gavalda a ce don de prendre une histoire racontée mille fois (la pauvre femme qui se fait larguer par son égoïste de mari) et de la transformer en quelque chose de nouveau, cette fois en racontant le récit du beau-père de la "pauvre" femme.

J'ai lu ce roman en à peine quelques heures... et me suis ensuite interrogé pendant peut-être plus longtemps sur ma propre vie, signe que le récit suscite plus que de simples réactions d'admiration. Je l'aimais amène en effet une réflexion sur le sens de la vie, la vie faite de devoirs (famille, boulot, sécurité, etc.), de désirs et du courage de savoir prendre les bonnes décisions.

Plus j'y songe, plus je me dis que ce roman s'adresse davantage à un lectora masculin. Je m'explique... Anna Gavalda y aborde des sujets typiquement (pas toujours, mais souvent) masculins : l'incommunicabilité, le silence (plutôt que la parole) et un manque d'expressivité émotive. Enfin, peut-être est-ce moi qui suis dans l'erreur...

Reste que Je l'aimais vaut la peine d'être lu... et relu... et re-relu...

Anna Gavalda, Je l'aimais, éd. Le livre de poche, 2006 [2003], 154 pages, ISBN 2290340782.

mercredi, 25 octobre 2006

Le joueur d'échecs par Stefan Zweig

medium_Le_joueur.jpgQui est cet inconnu capable d'en remontrer au grand Czentovic, le champion des échecs, véritable prodige aussi frustre qu'antipathique ? Peut-on croire, comme il l'affirme, qu'il n'a pas joué depuis plus de vingt ans ? Voilà un mystère que les passagers oisifs de ce paquebot de luxe aimerait bien percer. Le narrateur y parviendra. Mais les circonstances dans lesquelles l'inconnu a acquis cette science sont terribles... (Quatrième de couverture)

Au premier coup d’œil, rien de véritablement intéressant dans ce résumé. Alors, pourquoi l'avoir lu ? Tout simplement parce que je ne connaissais rien de l’œuvre de Stefan Zweig. Je savais que Zweig est considéré comme l'un des auteurs autrichiens les plus importants, qu'il a entretenu une large correspondance avec Freud et Richard Strauss, et qu'il s'est suicidé au Brésil en 1942, horrifié de voir la Seconde Guerre mondiale détruire l'Europe. Par contre, pour ce qui est de ses écrits... le néant.

Alors, Le joueur d'échecs, ça en valait la peine ? Oui et non, tout dépend de nos attentes. Les miennes, je dois l'avouer, étaient nulles. Il reste que Zweig se démarque comme maître dans l'art de la description de la folie. Car Le joueur d'échecs (écrit en 1942, quelques semaines avant le suicide de l'auteur) est d'abord et avant tout un livre qui raconte la folie, folie causée par la torture psychologique. Il est en effet possible de détruire une personne sans la toucher ni l'affamer. Certaines critiques que j'ai lues y voient, à juste titre, une allégorie de la victoire du nazisme.

Zweig nous invite à assister à un huis clos fort habile qui ne laisse pas indifférent. Le joueur d'échecs n'a beau que faire que 94 pages, la densité de l’œuvre est manifeste. Il ne s'agit pas là d'un suspens ni même d'un roman/nouvelle à intrigue. Le récit captive dans son ensemble.

Vous l'aurez deviner, on est à mille lieux de Marc Levy et Anna Gavalda. Stefan Zweig met sur papier un cauchemar qui fut autrefois le réalité. Je n'irai pas jusqu'à écrire que Le joueur d'échecs "doit" être lu. Il reste que j'ai l'intime conviction que la littérature du XXe siècle n'aurait pas été complète sans cette oeuvre.

Pour en savoir plus sur Stefan Zweig, vous pouvez toujours faire un petit détour par Wikipedia ou encore par StefanZweig.org.

Stefan Zweig, Le joueur d'échecs, éd. Le livre de poche, 95 pages, 2005, ISBN 2253057843.

© L'île déserte de Louis

vendredi, 20 octobre 2006

Le parfum : Histoire d'un meurtrier par Patrick Süskind

medium_Le_parfum.jpgAu XVIIIe siècle vécut en France un homme qui compta parmi les personnages les plus géniaux et les plus horribles de son époque. Il s'appelait Jean-Baptiste Grenouille. Sa naissance, son enfance furent épouvantables et tout autre que lui n'aurait pas survécu. Or ce monstre de Grenouille, car il s'agissait bien d'un monstre, avait un don, ou plutôt un nez unique au monde et il entendait bien devenir le Dieu tout-puissant de l'univers, car "qui maîtrisait les odeurs, maîtrisait le cœur des homes" (Quatrième de couverture)

Voici un classique de la littérature allemande dont le récit se déroule en pleine France des Lumières. Mais n'ayez crainte, ce n'est pas parce qu'une oeuvre devient un "classique" qu'elle est forcément soporifique. La preuve, Le parfum : histoire d'un meurtrier (par Patrick Süskind) a été vendu à plus de 150 millions d'exemplaires et traduit en 45 langues depuis sa parution en 1985.

Le parfum est un roman extraordinaire contenant nombre d'éléments historiques très précis et construit suivant une superbe histoire. Süskind offre ni plus ni moins une oeuvre du raffinement. Pour une rare fois dans l'histoire de la littérature, les descriptions visuelles ont un concurrent de taille : l'odorat. L'art des parfumeurs du XVIIIe siècle est présenté dans les moindres détails au point où il fait parfois office de véritable science.

Autre originalité, l'étrange folie de Jean-Baptiste Grenouille, qui le transforme en un personnage aussi attachant que terrifiant (car sa quête du "parfum absolu" le mènera à poser une série d'actes des plus troublants... je n'en dis pas plus). Il est rare en effet que "héros" et "monstre" soit le même personnage. Il y aura certes eu Quasimodo (Notre-Dame de Paris par Victor Hugo). Cependant, contrairement à Grenouille, ce monstre n'était ni un génie ni un meurtrier, mais bien un simple d'esprit.

Le parfum est un livre à mi-chemin entre le roman historique, le suspens et le roman psychologique. Voici la troisème fois que je le relis, et je ne m'en lasse toujours pas. Patrick Süskind signe là un incontestable chef-d'oeuvre!

""" Petit bémol qui n'a rien à voir avec le roman : la sortie du film inspiré du roman aura grandement inspiré la maison d'édition Fayard, qui, depuis quelques semaines, offre aux lecteurs une nouvelle édition de Le parfum pour la modique somme de... 30$ CND/20 euros ! Je vous conseille vivement de vous tourner vers celle de Le livre de poche (à 11,00$ CND/5,50 euros) qui offre le même texte.

Patrick Süskind, Le parfum : histoire d'un meurtrier [trad. de l'allemand par Bernard Lortholary], éd. Le livre de poche, 2006 [1986], 280 pages, ISBN 2253044903.

© L'île déserte de Louis

lundi, 16 octobre 2006

Pamukalie, pays fabuleux par Eugène

medium_Pamukalie.jpgSuite au décès (partiel) de ma bibliothèque, j'ai cru bon de repartir du bon pied en me procurant un guide de voyage des plus uniques : Pamukalie, pays fabuleux : vrai guide d'un pays surréel. Qu'est-ce que pourrait serait-ce est la Pamukalie (allez donc trouver le temps de verbe convenable) ? Réponse : une nation imaginaire coincée entre le Turquie et la Syrie qui ne demande, bien entendu, qu'à exister.

Publié en 2003, le bouquin est fascinant tant l'auteur (un certain Eugène... pseudonyme ?) pense aux moindres détails : carte géographique, photos, adresses (restaurants sympathiques, musées, bars branchés, hôtels, salons de thé), etc. Le plus amusant reste le texte lui-même, cela va de soi. Pamukalie, pays fabuleux s'évertue à créer un monde exotique tel que le présenterait n'importe quel guide voyage. On commence avec l'histoire farfelue de la jeune indépendance de la Pamukalie (le pays est libre depuis à peine quelques années, mais le tout est demeuré peu connu puisque la révolution a eu lieu le 11 septembre 2001) pour ensuite découvrir la ville bazar de Pahar (dont les rues sont constituées de boutiques montées sur roulettes) et plonger au coeur d'un imaginaire sans fin. On se croirait parfois à la croisée de L'histoire sans fin (Micheal Ende), des Villes invisibles (Italo Clavino) et de la pensée éclatée de George Perec.

Petit extrait :

Poids et mesures

En 1865, le grand sultan Nüüs décida de remplacer les quarante-quatre systèmes métriques en vigueur dans son sultanat pour imposer une unité de mesure unique : son pied. Hélas, tout se compliqua, car il avait une jambe de bois. De plus, il détestait qu'on lui rappelât. Donc, les savants prirent les deux unités de longueur son broncher. Par ailleurs, comble de malchance pour les futurs visiteurs de la Pamukalie, lorsque Nüüs convoqua sont ministre afin qu'il mesurât sa pointure, il tombe au douzième pas. personne n'osa rire ou émettre une opposition. Si bien que le système métrique pamukal est le nüüs, composé d'un pas de 32 centimètres, alternant avec une jambe de bois de 12 centimètres de diamètres. Mais, au bout de ces douze unités alternées, on ajoute 1,67 mètre, c'est-à-dire la hauteur du sultan étalé sur les pavé. (p.64-65).

Ce livre est si bien fait qu'on le retrouve généralement sous le rayon guide de voyage !

Et même si ce genre d'oeuvre ne vous intéresse pas, je vous conseille d'aller visiter ce site portant sur la Pamukalie. Vous y trouverez, entre autres, une véritable vidéo fictive offrant quelque images de l'indépendance du pays. Le site contient aussi plusieurs chansons traditionnelles (dont Noël à Kibrit et la familière Joss Funes Süüng ). En fait, on retrouve même une entrée "Pamukalie" sur Wikipedia ! Et pour ceux qui songeraient effectuer un voyage en Pamukalie, le blog Les kroniks de minuit moins le quart nous renseigne sur les évènements quotidiens du pays.

Eugène, Pamukalie, pays fabuleux, éd Autrement, 2003, 207 pages, ISBN 2746703963.

© L'île déserte de Louis

lundi, 02 octobre 2006

La vie, l'Univers et le reste (Guide du voyageur galactique tome 3) par Douglas Adams

medium_La_vie_l_Univers.jpgL'histoire du Guide du voyageur galactique est une histoire pleine d'idéalisme, de succès, d'échecs, et d'incroyablement longues pauses déjeuner. Les origines premières du Guide sont aujourd'hui perdues - tout comme la majeure partie de sa comptabilité - dans les brumes du temps. La plupart des récits qui subsistent toutefois évoquent sa fondation par un éditeur répondant au nom de d'Hurling Frootmig. Hurling Frootmig, dit-on, a fondé le Guide, instauré ses principes fondamentaux de pluralisme et d'honnêteté, puis fait faillite. (p.177)

Allez hop, voilà qu'on s'y remet ! Plus fou, plus incohérent, plus tout que les deux premiers tomes de la célèbre trilogie en cinq tomes écrite par Douglas Adams, voici le troisième tome du Guide du voyageur galactique : La vie l'Univers et le reste (H2G2 III pour les érudits). Je préfère vous prévenir, si vous n'avez pas lu les deux premiers tomes, la lecture de ce nouvel opus risque fort de vous déstabiliser. Les héros reprennent là où le deuxième tome se terminait, et ce, sans prendre la peine de résumer les aventures précédentes.

Si les romans surréalistes et complètement déjantés vous intéressent, l’œuvre d'Adams Douglas doit faire partie de votre bibliothèque. Pour résumer La vie, l'Univers et le reste, voici... Arthur Dent et son copain extraterrestre Ford Escort vivent depuis 5 ans sur la Terre préhistorique lorsqu'une anomalie spatio-temporelle les ramène à notre époque, deux jours avant la destruction de la planète qu'ils ont déjà vécue (voir tome 1). Là, ils retrouvent Slartibartfast qui fait appel à eux pour sauver l'Univers (rien que ça!). En effet les très vilains habitants de la planète Kriquète sont sur le point de détruire tout l'Univers... et le reste.

Bon, je sais, tout ça ne tient pas debout. Tu parles d'un résumé. La vérité est que ce roman est plus ou moins cohérent. Si on cherche un début - un milieu - une fin, on risque d'être déçu. Douglas Adams fait dans la folie. Ainsi, on se retrouve durant tout un chapitre à se faire expliquer la navigation bistromathtique... Une nouvelle forme de mathématique qui tend a démontrer que "les nombres ne sont pas absolus mais qu'ils dépendent du déplacement de l'observateur dans les restaurants" (p.69).

La vie, l'Univers et le reste fait partie d'une brillante série qui, jusqu'à maintenant, n'aura cessé de m'impressionner. Douglas Adams est l'écrivain tout désigné pour les petites semaines de déprime et les jours gris plus courts que les nuits.

Douglas Adams, La vie, l'Univers et les reste [trad. de l'anglais par Jean Bonnefoy], éd. Gallimard, coll. Folio SF, 2005 [1983], ISBN 2070417514.

© L'île déserte de Louis

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