lundi, 18 septembre 2006

Babylon Babies par Maurice G. Dantec

medium_Bab_babe.jpgLire Maurice G. Dantec, c'est faire un triathlon de plusieurs jours. Malgré l'action incessante, malgré l'intrigue déroutante, malgré l'accumulation des scènes de psychose, il me fallait passer à travers les 719 pages de Babylon Babies le plus rapidement possible.

Résumer l’œuvre me paraît impossible. Il me faudrait pour cela recopier l'ensemble du roman tant le récit est complexe. Je simplifierai donc... Toorop, un mercenaire high-tech, a pour mission d'escorter une jeune femme schizophrène, Marie, jusqu'au Québec en échange d'une importante somme. Il s'avère rapidement que la jeune femme est la mère porteuse d'une créature génétiquement modifiée... un "contenu" qui intéresse plusieurs groupes criminalisés : gangs de bikers, sectes post-millénaristes et mafia. Babylon Babies contient définitivement une forte touche de roman noire.

Si les romans classiques de science fiction ne vous disent rien, évitez Babylon Babies. Dantec va beaucoup plus loin que la simple création d'un futur fait de machines et de robots. Son monde en est un de drogues hallucinogènes, de schizophrènes et de manipulations génétiques. Dès lors, il n'est pas surprenant de constater que le roman contient de nombreux passages ressemblant davantage à des poèmes qu'à une narration continue. On suit les délires des personnages dans les moindre détails, ce qui pourrait agacer certains lecteurs habitués à des histoires plus fluides.

Il s'était retrouvé dans ce monde post-apocalyptique, ce monde de désolation recouvert de cendres, il savait que ce monde formait la structure sous-jacente d'un rêve qu'il faisait de manière récurrente depuis des années [...] Marie l'attendait à une station de bus dont seul le sommet dépassait du tapis de cendres. Marie était Marie et pourtant ce n'était plus elle. Il savait que c'était elle, mais elle avait complètement changé d'allure, et de visage. (p.615)

L'écriture de Babylon Babies reflète admirablement bien le récit que contient l’œuvre. Pour parler en bon petit écolier, "le fond et la forme du roman mettent en valeur les idées et concepts exprimés par Dantec". Certes, la spirale que forme l'ensemble du texte a quelque chose d'un peu effrayant. Le style de Dantec est unique. Il demeure qu'on ne doit pas se laisser rebuter par son approche.

Si vous êtes frileux à l'idée de vous plonger dans un tel roman et d'en ressortir déçu, je vous conseille d'attendre le film de Mathieu Kassovitz Babylon A.D. prévu pour 2007 (avec pour têtes d'affiche Vin Diesel et le très sympathique Vincent Cassel). Et pour en savoir un peu plus sur Maurice G. Dantec, un petit détour par son site officiel... à l'image de l'auteur.

Maurice G. Dantec, Babylon Babies, éd. Gallimard, coll. Folio SF, 2004 [1999], 719 pages, ISBN 2070417530.

© L'île déserte de Louis

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