dimanche, 20 août 2006
Les perruches sont cuites par Charles Bolduc
Ce n'est pas parce qu'un recueil de nouvelles contient un peu moins de 120 pages que cela en fait un livre qui se lit en quelques heures. Le nombre de pages reflète rarement la densité d'une oeuvre. Les perruches sont cuites fait partie de cette catégorie d'oeuvres qu'on doit savourer plutôt que dévorer.
Il m'est difficile de résumer l'ensemble du recueil puisqu'à travers ses 36 nouvelles Charles Bolduc abordent ces petites choses du quotidien qui ne durent jamais bien longtemps. Que l'on pense à La lente assurance des escargots, Les vélos meurent en ville ou encore à L'odeur des autobus scolaires, on se retrouve souvent à lire des réflexions que, jusque là, nous pensions être les nôtres uniquement.
Mais plus que le banal quotidien, l'amour est le thème central de Les perruches sont cuites. En fait, il ne s'agit pas tant de l'amour que de la fragiltié du bonheur et l'incertitude causé par l'amour (et parfois l'absence d'amour). Il faut une certaine maturité pour comprendre qu'aimer c'est douter, et Charles Bolduc aborde cette réalité avec une surprenante pudeur.
Parmi les plus réussis, je songe entre autres à Isabelle Blais, Faire voler les parapluies et et Le potentiel séducteur des petits gâteaux (que je pourrais lire dix fois sans m'en lasser).
Je trouve dommage que l'éditeur (sans doute) ait choisi un tel titre (Les perruches sont cuites), car l'humour qui s'en dégage annonce quelque chose qui n'est pas. Les perruches sont cuites n'est pas un recueil humoristique et léger. Certes, on rit parfois. Tout n'y est pas noir. Cependant, le vague à l'âme amoureux que renferme l'oeuvre aurait exigé un choix plus éclairé.
Pour les plus curieux, voici une entrevue avec Charles Bolduc réalisée par Radio Canada.
Charles Bolduc, Les perruches sont cuites, éd Leméac, 2006, 119 pages, ISBN 2760932834
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