vendredi, 19 mai 2006

Malavita par Tonino Benacquista

Une famille américaine, les Blake, que rien ne distingue des autres, deux adultes et deux enfants d'une apparente banalité, une chienne baptisée Malavita d'une étonnante discrétion, un déménagement tout ce qu'il y a de plus ordinaire dans le petit village de Cholong-sur-Avre en Normandie. À ceci près que le père n'est pas un écrivain mais un ex-chef de clan de la mafia new-yorkaise retourné par les agents du FBI, et que la vie des Blake, soumise à la constante menace de représailles, n'est qu'une suite de fuites, de mensonges et de situations insensées.

Après avoir lu Saga, je me suis retrouvé dans un état de manque semblable à celui des drogués. Il me fallait lire un autre roman de Tonino Benacquista. Un aller-retour vite fait chez le libraire, et je me suis jeté dans la lecture de Malavita... pour en ressortir cent pages plus loin, complètement déçu.

Malavita, c’est Casino, le Parain et Scare Face. Malavita, c’est tous les clichés que le cinéma nous a déjà montrés cent fois : la mafioso repenti protégé par le FBI, les méchants qui parviennent à le retrouver, les voisins qui l’emmerdent, le sympathique agent fédéral, les problèmes personnelles de la petite famille, etc.

L’humour de Benacquista est ici prévisible, tout comme le sont certains « rebondissements » (je pense, entre autres, à l’histoire du journal qui traverse l’Atlantique). Contrairement à Saga, Malavita met en scène des personnages vides, incapables de nous faire ressentir le moindre sentiment. Leurs joies, leurs bonheurs et leurs angoisses nous paraissent futiles.

Malavita est un roman moyen écrit par un auteur qui nous avait habitué à beaucoup mieux que l’histoire humoristique du gangster sans éthique. En somme, rien de vraiment subtile.

Je tiens malgré tout à signaler que la majorité des critiques personnelles que j’ai lues présentent ce roman sous un meilleur jour. Peut-être mes attentes étaient-elles trop élevées ?

Tonino Benacquista, Malavita, éd. Gallimard, coll. Folio, 2005 [2004], 375 pages, ISBN 20703119393

© L'île déserte de Louis

Commentaires

Pour avoir lu quelques livres de Benacquista (et aussi ses scénarios de BD), Malavita c'est celui que j'ai le moins aimé, voire été très très déçue! Pour moi non plus ça n'a pas trop fonctionné...

Ecrit par : Allie | samedi, 20 mai 2006

Allie, merci de me rassurer. Il ne me reste plus qu'à lire Quelqu'un d'autre.

Ecrit par : Louis Roussel | samedi, 20 mai 2006

"Quelqu'un d'autre" par contre, j'ai beaucoup aimé! C'est avec ce livre que j'ai découvert Benacquista. Il faut dire que ce livre pour moi a une "histoire" spéciale... Je l'avais sur ma liste à lire, je l'ai fais découvrir à une amie qui vit de l'autre côté de l'océan et nous l'avons lu en même temps. Puis, plus tard, elle me l'a offert signé de l'auteur... pour me remercier de lui avoir fait connaître Benacquista :)

Ecrit par : Allie | jeudi, 25 mai 2006

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