lundi, 20 mars 2006

À rebrousse-temps par Philip K. Dick

Le cours du temps s’est inversé sur terre. Les morts se réveillent dans leurs tombes, rajeunissent, et finissent par réintégrer une matrice maternelle. Les cigarettes se reconstituent lentement dans les cendriers, et les vêtements sales du matin sont devenus propres le soir venu. Sebastian Hermes dirige un vitarium, une société spécialisée dans le repérage et l'extraction des morts revenus à la vie, un métier payant. Une nuit, le hasard amène Sebastian à déterrer Thomas Peak, un célèbre leader religieux dont le retour à la vie attise bien des convoitise.

Vous en conviendrez, À rebrousse-temps (par Philip K. Dick, 1928-1982) contient tous les éléments des classiques de la science-fiction, le genre de livre qu’on lit d’une couverture à l’autre même s'en rendre compte. Pourtant, il est très difficile de le retrouver en librairie. La raison : l’écrivain a joliment raté son coup avec ce roman. La chose est d’autant plus décevante lorsqu’on sait que Philip K. Dick est l’auteur derrière Blade Runner, Minority Report et Total Recall.

Qu’est-ce qui cloche avec À rebrousse temps ? Pas mal tout : l’intrigue est fort mince, les personnages sont de grossiers archétypes (le policier qui aime l’action, le prêtre philosophe, la belle écervelée, la méchante traîtresse, le héros amoureux, etc.), les transitions d’une scène à l’autre sont souvent floues, et les phrases creuses abondent, du genre : « Je croyais que l’amour triomphait de tout. J’ai l’impression que ce n’est pas vrai » (p.246).

Dommage, vraiment dommage que Philip K. Dick soit tombé dans la facilité, surtout avec un tel sujet.

Philip K. Dick. À rebrousse-temps [trad. de l’anglais par Michel Deutsh], éd. J’ai lu, coll. Science-fiction, 2004, 253 pages, ISBN 2290338923.

© L'île déserte de Louis

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