jeudi, 16 mars 2006
Le Dernier Restaurant avant la Fin du Monde par Douglas Adams
L’une des difficultés majeures soulevées par le voyage temporel n’est pas de devenir accidentellement son père ou mère. Non, la difficulté majeure est essentiellement d’ordre grammatical et l’ouvrage principal à consulter en la matière est le Manuel des Mille et Une Conjugaisons à l’usage du voyageur temporel. La plupart des lecteurs vont jusqu’au Passé antérieur surcomposé du subjonctif futur semi-conditionnel plagal 2e forme avant de renoncer. Le Guide du voyageur galactique passe rapidement sur ce dédale d’abstraction académique, notant simplement l’abandon du terme « futur plus-que-parfait» quand on eut découvert que ça n’existait pas. (p.121-122)
Deuxième tome du Guide du voyageur galactique, Le Dernier Restaurant avant la Fin du Monde est à la hauteur des attentes (des miennes, à tout le moins). Pour notre plus grand plaisir, l’Univers se trouve toujours aussi dérangé. Douglas Adams atteint des sommets d’absurdité à ne rate pas une occasion pour sombrer davantage dans la folie.
Ce nouvel opus reprend là où le premier nous avait laissé. Fatigués de leurs précédentes aventures, Arthur Dent et ses compagnons tentent tant bien que mal d’aller casser la croûte au Dernier restaurant avant la Fin du Monde. Il va de soi qu’une destination aussi simple s’accompagne des embûches les plus improbables de la galaxie. Il va aussi de soi qu’on risque de se retrouver à peu près n’importe où lorsque notre quête (outre celle guidée par notre estomac) cherche à trouver « la question dont la réponse est 42 ».
Paradoxalement, l’unique faiblesse de ce roman se trouve justement être la partie consacrée à ce fameux restaurant. Le style rapide et incisif de Douglas Adams se perd momentanément dans des descriptions dont la longueur atténue l’effet comique.
Il reste que Le Dernier Restaurant avant la Fin du Monde est le meilleur moyen d’échapper à un quotidien banal.
Douglas Adams, Le Dernier Restaurant avant la Fin du Monde [trad. de l’anglais par Jean Bonnefoy], éd. Gallimard, coll. Folio SF, 2005, 280 pages, ISBN 2070416151.
© L'île déserte de Louis
18:00 Publié dans Romans | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, Douglas Adams, SF, découverte littéraire


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