samedi, 11 février 2006
Un dimanche à la piscine à Kigali de Gil Courtemanche
Sur la page couverture on peut lire « roman ». Est-ce là dire que le livre n’est que fiction ? Malheureusement non. Un dimanche à la piscine à Kigali n’est pas qu’un roman, c’est aussi un reportage, une chronique. Dans ce troublant livre, Gil Courtemanche (journaliste indépendant) s’attarde aux mécanismes qui auront conduit au génocide rwandais du début des années 1990. Après tout, il se trouvait au Rwanda lorsque débuta l’extermination de 500 000 Tutsis.
Chose étonnante, on ne sent pas de partie pris ni de condamnation chez Courtemanche. Tutsis et Hutus partagent un rôle qui les unit plutôt que de les divise. Le blâme revient aux autres responsables du génocides, soit les curés belges, les Français et la neutralité canadienne qui ont fermé les yeux sur cette guerre qui sommeillait.
Un dimanche à la piscine à Kigali se lit à petites doses. Les événements racontés sont le fruit de l’aversion pour autrui et d’une violence difficile à accepter. Pourtant, ce roman doit être lu afin que la mémoire collective n’oublie pas ce que la haine peut causer comme ravage.
La question n’est pas de savoir où se situe la réalité et où se trouve la fiction, mais plutôt de savoir si le récit présenté est acceptable même en fiction.
Gil Courtemanche, Un dimanche à la piscine à Kigali, éd. Boréal, coll. Boréal compact, 2002, 284 pages, 14,95$ canadiens, ISBN 2-764-60169-7 ou pour l'Europe : éd. Gallimard, coll. Folio, 6,40€, ISBN 2-070-32951-8.
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